Orgeuilleuse (4)

Une cigarette…. Puis une autre… S’en suit des millions.

J’avais pas arrêté? Peut être… Assise sur mon balcon, c’est l’été, doux et chaud, à peine installé, l’été vous transforme tout.  Tout s’allège, plus rien n’est grave, sûrement un reste d’enfance? Depuis que je suis unipare, mon enfance prend de plus en plus de place dans mes souvenirs.  Je n’ai pas aimé être enfant, mais en vieillissant, je regrette de ne pas avoir plus apprécié cette liberté cachée.  Je n’ai rien vu.  Je suis nulle en anticipation.  C’est pas grave, rien n’est grave, c’est l’été et je fume sur mon balcon.

Tiens on dirait que cela aussi il l’a raté… Finalement cela ne m’a pas dégoûté… Je fume.

Je fume parce que je ne bois pas, je ne bois pas parce que je n’aime pas être saoule, je n’aime pas être saoule parce que j’ai porté à bout de bras nombre de jolies filles, sacrifié  un grand nombre de pince à cheveux pour qu’elles puissent vomir dignement, essuyé le vomi du coin des lèvres, enlevé les pantalons et les culottes mouillés d’urine, couché ces corps morts à l’odeur aigre et pesante. Entendue tous ces baragouinements inaudibles et débiles qui sortaient de leur bouche pâteuse . Je ne bois pas car j’ai gardé l’esprit clair et été témoin de ce qui se passe quand tout chavire, quand le navire se retourne et que tout roule en noyade éthylique.

La drogue? facile, trop facile.  Et surtout, j’ai vite compris qu’il faut savoir tirer sa révérence rapidement, s’en retourner lentement, quitter la scène à reculons tout doucement, j’ai tout de suite compris son côté pernicieux.

Alors je fume, je fume par dizaine.  Je peux fumer 20 clopes puis plus rien pendant des mois.  Ca me fait marrer de penser au paternel si sûr de lui avec son sourire carnassier du chasseur qui a piégé sa proie.

Raté papa!

Je fume.

D’abord le geste, je m’appelle Romy.  Puis le filtre vient à la bouche, je suis Béatrice Dalle. Ensuite le regard en soufflant la fumée,  je suis Jeanne Moreau, Annie Girado,  Greta Garbo, Marlène Dietrich. Je suis toutes ses déesses le temps d’une cigarette. Et puis je recommence, Gainsbourg me tend son paquet, Jean Gabin sort son briquet, ouai, je sais, j’ai d’beaux yeux. Outil de féminité, arme de séduction , symbole de liberté. Foutaise qui vous tue avec le sourire ultra brite d’un James Dean qui a bien été inspiré de faire le saut de l’ange avant de se consumer de l’intérieur.

Je fume.

C’est odieux. Odieusement indécent, je suis une punk des années 2000.

(à suivre)

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