Ralentir

Nous avons été confinés pendant plusieurs semaines et ce ralentissement forcé a peut être fait des émules?

Mais qu’en est-il au moment du retour à la réalité?

Est-ce un mode de vie durable, possible et qui peut s’intégrer à notre monde consumériste?

Pas besoin que je vous en écrive des tonnes, la réponse est immédiate: c’est impossible.

Faire sa pâte à tarte, cueillir ses fraises et les disposer esthétiquement dans un beau moule est possible que si le temps est infini devant nous!

Alors pourquoi avons nous toutefois envie de ralentir et de prendre le temps?

La seule et unique question est: pourquoi avons-nous organisé notre vie de telle façon que prendre son temps est devenu totalement impossible?

Dans nos souvenirs d’enfant, on a tous une odeur de gâteau qui envahi la maison qui nous plonge instantanément dans un état de nostalgie avec délectation.

Ramasser des fruits ou des légumes dans le jardin… sentir les odeurs de cuisine.

Et quand on jouait dehors et que le vent nous amenait les effluves de lessive des draps qui sèchent…

Le soleil du matin dans le jardin.

Les hirondelles qui piaillent dès l’aube.

Les odeurs d’automne.

Les odeurs d’hiver.

Toutes ces odeurs ont pris le temps d’infuser en nous.

Le temps.

Parce que quelqu’un a pris le temps de cuisiner, d’étendre son linge dehors ou de bêcher son jardin.

Mais ceci n’existe que le temps des vacances….

3 semaines sur 52

52 autres semaines …. occupées à quoi?

Si je ralentis je fais moins de choses…

Il faut donc accepter de faire moins de choses.

Pressés et compressés comme nous le sommes, sommes-nous prêts pour cela?

En faisant fi de tous ces beaux parleurs qui agitent leur discours pour que le monde d’avant n’existe plus.

Profitons de ce que cette pause a réveillé en nous.

Le ridicule de nos situations:

Toujours aller à l’encontre de ce que nous désirons vraiment.

Se poser et s’interroger pour savoir si le chemin que nous avons pris nous plait vraiment.

Il est toujours temps de changer.

Quel que soit l’âge,

quelle que soit la situation,

le plus dure c’est de se décider,

le plus dure c’est de vivre ce changement.

Car on voudrait qu’à partir du moment où l’on a décidé de changer tout roule comme sur des roulettes… que l’évidence s’offre à nous, validant notre choix.

Bercés et maternés que nous avons été depuis toujours, la moindre difficulté nous effarouche et nous fait revenir à ce que l’on connait bien; comme un retour maternelle à notre prison rassurante.

Alors je le dis, le changement est douloureux,

difficile, compliqué, complexe, pénible, laborieux, ardu,  périlleux, douloureux, exigeant, austère…

Alors pourquoi changer?

Parce que

à partir du moment où l’on prend la décision du changement, profondément, alors un poids énorme s’évanouit, alors une légèreté infantile vient nous saisir.

Et la paix s’installe.

Le reste n’est que broutille.

Essayer, tenter le

pour voir,

et accepter d’avoir pris cette décision,

Ralentir devient la réalité.