Petit à petit (au commencement…)

Vous n’avez pas pu passer à côté de « l’événement » de cette rentrée, hormis votre petit dernier qui a hurlé à vous fendre le cœur quand la maîtresse vous l’a arraché des bras (mère cruelle mais soulagée de confier la prunelle de ses yeux à un tiers pour quelques heures, culpabilité envolée). Donc l’événement en question: la démission de Monsieur Hulot, Nicolas de son prénom (pas l’autre Monsieur Hulot, pour les anciens, qui lui arpentait sans culpabilité aucune les belles plages de notre beau pays qui ne toussait pas encore ses hydrocarbures).

« La maison brûle et nous la regardons brûler » dixit un ex-mangeur de pommes #pompotes.  Bien, bien, bien…

Moultes réactions de nos politiques et de nos médias qui s’interrogent la ride au front, mais qui donc pour le remplacer ? Comment kon (kon) va faire ? Qui va s’occuper de notre climat ? De cette maudite écologie ? A pu Hulot ! Bref, brainstorming général de nos amis au gouvernement, des médias et autres ramasse-miettes qui se disent offusqués que personne ne vienne faire « bonne » figure et donner « bonne » conscience aux pollueurs !

Face à toutes ces belles paroles de protestations, ces réunions au sommet, ces simulacres  massifs de personnes offusquées, je me pose une question : et si, au lieu de se triturer la nouille, tous ces braves gens passaient à l’action ? Je veux dire concrètement ? Des actes forts et significatifs. Pas du « on pourrait faire ceci » et « on pourrait faire cela », et surtout des «  on aurait dû » et « on n’aurait pas du » ? Un truc CON-CRET.  Le mec qui se plaint que la poubelle n’a pas été descendue pourrait  bouger son petit popotin et la descendre lui-même ? Non ?

Ce gars qui râle, j’espère qu’il a fait son tri, et que du coup il râle parce qu’y’ a 4 poubelles différentes à descendre, dans 4 containers différents situés aux 4 coins de son patelin ; et c’est p’têtre pour ça qu’il râle le gars…

Donc

Y’a deux solutions : soit on fait rien, soit on fait quelque chose.  Plutôt simple non ?

Alors, non, je ne suis pas une énième post-écolo qui a vu la lumière. Il n’est pas question pour moi d’aller vivre au fin fond du Lazarc avec des chèvres.  J’aime bien être là, avec vous, tranquille, on est bien non?

J’ai juste décidé de faire quelque chose, là, tout de suite, dans mon quotidien.  Déjà et surtout pour voir si c’est possible, une autre façon de faire. On nous prône cette nouvelle façon de vivre et on nous dit que c’est possible; plus respectueuse de l’environnement et de l’homme. Alors moi, je prends mon bâton de pèlerin et je m’y colle. Voir si ce beau discours séduisant est viable. Un vrai changement, parce que de toute façon si j’attends sur nos élites pour faire quelque chose je sens bien que je vais être déçue…. Alors comme le petit colibri*, je vais faire ma part. Je vous propose de me suivre dans cette expérience et dans mes réflexions. Un changement fondamental pour ne plus être bernée et prendre ma part dans cette société?  Il me semble que le temps de l’insouciance est terminé?  Nous devons prendre nos responsabilités vue que ceux à qui nous avons donné nos voix se concentrent sur leur ego sur dimensionné au lieu de s’occuper de nous.

Je pense que cette transition ne va pas être facile.  C’est indubitable…   s’y préparer maintenant pour gagner en expérience pour les générations futures me semble une forme d’élégance civique.

Depuis le mois de juin, j’ai étudié le livre de Cyril Dion (Petit manuel de résistance contemporaine);  Cyril Dion dont j’avais déjà vu le film Demain et qui m’avait laissé songeuse mais pas décidée encore à passer à l’action. Cette fois-ci, j’ai décortiqué son livre, je me suis documentée.  J’ai également découvert  Monsieur Jancovici. Mais je vous en parlerai plus tard…. une chose à la fois, déjà que si vous êtes toujours là à lire ce pavé, je dois m’estimer heureuse! 🙂

De cette étude estivale, il me reste un fil conducteur: le bon sens.  Ce bon sens que nous avons perdu depuis des décennies, abreuvés que nous étions de pouvoir d’achat et de consommation facile et accessible.  Il est temps de le trouver (le re-trouver?).  Ce bon sens ne nous fera pas devenir des aficionados écolos mais je pense qu’il nous fera un bien fou et secouera vraiment le cocotier!

Alors au cours des prochains mois, je vous ferai part de mes changements de vie dans divers domaines : consommation, prise de conscience, incohérence, bon sens et ce dans les domaines pratiques du quotidien.

Sans fard, je décrirai ce que j’ai changé et si cela est « faisable » ou non.  La difficulté engendrée par ces changements.

Je ne juge personne, et je ne me place pas en exemple : c’est pour moi une expérience.  Parce que j’en avais marre de restée en mode « cerveau disponible » et que je me suis dit que cette matière grise sous mon crâne, devait bien servir à quelque chose !

« Quand  D. Roosevelt rencontrait les organisations sociales ou syndicales (…) il les écoutait longuement et leur disait: Descendez dans la rue et obligez-moi à le faire. En 1937, il y eut 4740 grèves. Et les avancées sociales comme jamais aux Etats Unis ». (extrait du livre de Cyril Dion, Petit manuel de résistance contemporaine, p 41) ».

Il est vrai que pour l’instant je suis un peu toute seule dans ma rue…mais qui sait…

Bonne journée

*« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part » .référence à un conte amérindien raconté par Pierre Rabhi.

(psssstttt: si vous voyez des fautes…dites le moi…. gentiment… 🙂 )